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A Free Cadence

Juin 1, 2009 by     2 Comments    Posted under: Gabon
Vendredi soir a eu lieu la troisième édition de Talents en Emergence, un spectacle orchestré par Evariste, mon prof de danse africaine à l’Alliance Franco-Gabonaise. J’y ai participé en tant que danseuse et comme la  représentation a eu lieu aux Cocotiers, où je donne des cours de maths, c’était une soirée doublement importante pour moi !

J’ai dansé avec les filles de la troupe A Free Cadence, qu’Evariste entraîne depuis 5 ans, tous les dimanches. J’ai  donc fait la connaissance de Gwen, Sabrina, Mounia et Sam, quatre nanas adorables. Nous avons passé une bonne partie de la semaine dernière ensemble pour répéter la chorégraphie de ‘Vie communautaire’, pour faire les costumes, pour la soirée de gala et j’ai été très touchée qu’elles m’acceptent dans leur groupe.

Jeudi après-midi, nous nous sommes retrouvées pour faire les costumes. Je suis partie à Grand Village avec Mounia pour acheter du tissu, des rubans et du kaolin pour le maquillage. J’étais mal à l’aise car tout le monde nous regardait comme si nous étions un couple d’extra-terrestres ! Quand je vais à Grand Village toute seule ou avec d’autres expats, on nous interpelle parfois (« hé la blanche ! ») mais la plupart du temps on nous ignore. Cette fois avec Mounia c’était différent. Certains demandaient même à Mounia ce qu’elle faisait avec une blanche, et nous faisions comme si de rien n’était. J’aurais voulu me cacher dans un trou de souris pour ne pas faire honte à Mounia et en même temps, j’étais fière et heureuse qu’elle marche à mes côtés en bavardant ! Au final, on nous a vendu du kaolin orange au lieu de rouge et il nous a coûté plus cher que si Mounia l’avait acheté toute seule … A cause de qui ?

Nous avons aussi beaucoup ri en essayant de faire nos costumes pour le lendemain (oui, oui, on était totalement à l’arrache et ça m’a beaucoup stressée, mais bon, j’ai rongé mon frein …). Sabrina et Gwen  racontaient leurs aventures en boîte de nuit avec les ‘mignons garçons’ pendant le quart d’heure zouk love :o) Pendant ce temps, Fleur, une des couturières des Cocotiers, réalisait nos costumes (parce que nous n’étions pas très douées pour les faire nous-même !). Bernice, une des percussionistes, était là aussi, qui dévorait son sandwich au chocolat. Autour de nous, maman Yoyo (c’est comme ça que les filles appellent soeur Yolande, la responsable du centre), Daïna et les autres, s’activaient pour préparer le défilé de mode du lendemain.

Vendredi, j’ai appris un peu à mes dépens le sens de la ponctualité gabonaise … Nous devions nous retrouver à 17h avec les filles pour répéter une fois sur scène et finir de mettre au point les derniers détails. Gwen m’avait dit qu’elle ne pourrait pas venir avant 18h mais que Sabrina était déjà sur place. Mounia aussi m’avait assuré la veille qu’elle serait aux Cocotiers à 17h. Bref, à 17h30, il n’y avait toujours personne …  Daïna me dit que les filles sont parties se faire coiffer. Et me voilà repartie à la maison, furax et surtout bien stressée de n’avoir pas pu répéter une dernière fois … (Merci à JB qui a fait le taxi ce jour là !!) A 18h15, Gwen me rappelle, me disant qu’elle est en chemin et que Sabrina et Sam sont déjà sur place. Je lui dit que j’arrive dès que possible mais cette fois, je ne me presse pas trop. Pierre et moi arrivons à 18h45 et retrouvons … Gwen ! Sabrina et Sam sont parties se doucher !!

A 20h, le spectacle commence. Dans les coulisses, c’est la panique la plus totale par moment. Mounia ne retrouve plus le haut de la robe de soirée avec laquelle elle doit défiler. Elle l’a laissé à la maison … Evariste a perdu son djembé. Sabrina ne rentre plus dans sa robe. Chris a taché la sienne en s’asseyant sur le kaolin. Et  d’ailleurs, comment va-t-on se maquiller avec le kaolin ?? Moi je n’ai jamais autant stressé avant de danser sur scène. J’ai bien conscience qu’on n’a pas assez travaillé et que la dernière répétition va nous manquer. Sans compter qu’il y a sûrement certaines de mes élèves dans la salle et que j’ai déjà repéré pas mal de nos voisins …

Sur scène, ze show must go on ! Les plus petits ouvrent le spectacle avec percussions, salsa et danse africaine. Le défilé de mode des Cocotiers remporte un franc succès.  Les filles sont superbes dans les robes de soirées de maman Yoyo, les garçons se la jouent cool et les petits sont à croquer !  Depuis les coulisses, j’encourage les filles de tout mon coeur. Quand vient notre tour de danser, je crois qu’Evariste est encore plus stressé que moi. Focalisé sur nos mouvements, il oublie que ce sont les danseuses qui doivent s’adapter à la musique et  non l’inverse. Du coup, il modifie plusieurs fois la musique originelle. Vu de la scène, nous sommes complètement désorientées par ces changements soudains, tout comme Laetitia et Bernice les deux autres percussionistes qui accompagnent Evariste. Nous sourions toujours, mais je lis dans le regard des filles (et dans le mien probablement) l’incompréhension la plus totale. Vu du public, ces quelques couacs ne sont pas si catastrophiques que ça … et les costumes de Fleur rendent super bien !

Cette soirée et les préparatifs resteront un de mes meilleurs souvenirs de notre passage au Gabon. Parce que pour un temps, il n’y a plus eu la barrière de la couleur de peau, du statut social ou de la culture.

Talents en émergence
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2 Comments + Add Comment

  • quelle belle expérience ! quels beaux visages !
    quelles belles robes !

  • Ca y est LN, tu deviens une vraie africaine… C est genial d’avoir pu danser comme ça! Merci pour ton récit. Bisous

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