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Enamino, l’ultime voyage

Jan 13, 2011 by     7 Comments    Posted under: Gabon

Tout d’abord une excellente année à tous ! Que l’année 2011 vous soit douce et « que le rêve dévore votre vie, afin que la vie ne dévore pas votre rêve » (c’est pas de moi, mais de St-Exupéry !).

Voeux 2011-2

Pour terminer 2010 en beauté nous nous sommes offerts un voyage au Paradis. Oui, je sais, je dis souvent ça quand je parle de nos voyages au Gabon, mais que voulez-vous, ce pays est magnifique ! (Complètement méconnu et mal exploité au niveau touristique, mais ça, c’est un autre débat …) En fait de paradis, je crois qu’Enamino restera quand même LA destination à ne pas manquer !

Philippe, notre hôte, propose plusieurs types de safaris. Avec une femme enceinte et les deux jeunes enfants de nos copains (3 ans et 18 mois), nous avions choisi un programme relativement soft. Enfin, c’est ce que l’on croyait …    

1er jour : Balade en pirogue sur la lagune Iguéla, dans le parc du Loango.

Nous partons tôt le matin pour nous rendre à la lagune en 4×4. Sur la route, nous traversons des nuées d’hirondelles. Philippe klaxonne pour les avertir mais elles s’envolent toujours au dernier moment. Seraient-elles sourdes ? 

En tout cas, celui qui n’est pas sourd c’est l’éléphant. Nous l’avons appris à nos dépends … 

A peine débarqué de la pirogue, Philippe s’élance dans la savane. Nous le suivons de notre mieux (chacun porte son petit : moi, bien au chaud dans mon ventre, Pierre se charge du petit Augustin et Vincent, de Béa). Il se met bientôt à couvert derrière un buisson et nous fait signe de l’imiter. A la lisière de la forêt, une vingtaine de mètres devant nous, se promène un éléphant. Rencontre magique, comme d’habitude, avec ces animaux majestueux … Très vite, celui-ci s’enfonce dans la forêt.  

Enamino - Elephant

Philippe décide de partir en éclaireur pour voir combien ils sont, et si nous pouvons les observer un peu mieux. Nous restons dans la savane avec les autres guides, Bégonia et Paul. Au bout de quelques minutes, Philippe réapparaît et nous fait signe de le suivre en silence. Nous entrons dans la forêt. Oh pas loin ! Il nous suffit de faire quelques pas pour apercevoir deux éléphants derrière un enchevêtrement de branches et de lianes. Philippe ouvre la marche, je suis courageusement, Pierre et Gus sont derrière, puis vient le reste de l’expédition. Mais c’est le moment que choisit Augustin pour gazouiller un peu. Pierre lui plaque la main sur la bouche, trop tard. Nous sommes repérés ! 

La femelle s’avance … et nous charge !

Tout se passe très vite mais dans la confusion qui suit, je me souviens clairement de ce mastodonte écrasant les branches en barissant, de Philippe qui s’interpose et engueule l’éléphant, et de notre débandade pour sortir de la forêt. A cet instant, plus rien ne compte pour moi que le bébé. Je me revois encore en train de pousser Corentine qui n’allait pas assez vite à mon goût, en marmonnant ‘oh purée de purée !’. (En réalité, j’ai dit un truc beaucoup plus vulgaire mais je le répéterai pas :p )

Puis tout s’arrête. L’éléphant n’a fait que trois ou quatre pas peut-être, et se tait. Nous nous figeons (moi, les deux mains sur le dos de ma copine) et nous retournons doucement. Ce qu’on est têtu quand même ! Nous n’avons pas assez reculé au goût de l’animal, qui nous charge une deuxième fois. Même scène, même panique, mais en silence cette fois car je parviens à me taire pour ne pas énerver encore plus la bête. 

Deux charges d’intimidation. Ce que nous ignorions alors, c’est que la troisième charge n’est pas pour rire … 

Nous ne sommes plus qu’à un pas de sortir de la forêt. L’éléphant est devant nous, sur notre gauche. Philippe s’est avancé lentement de quelques mètres vers un point un peu plus dégagé, à la droite de l’animal. Il est calme et cela nous rassure beaucoup. Pierre réalise à ce moment là que je n’ai pas encore pris de photos. Il m’encourage à rejoindre Philippe. Nous nous disputons en silence parce qu’il est HORS DE QUESTION que je m’enfonce un peu plus dans la forêt, même si ce n’est que de 3 ou 4 pas !! 

Pendant ce temps, l’éléphant nous observe toujours et s’impatiente. Elle sent une menace et décide d’en finir. Vlan ! 3ème charge ! Philippe s’interpose et l’attire vers lui pour nous laisser le temps de fuir hors de la forêt. Je cours comme une folle en me protégeant le ventre jusqu’à ne plus entendre le barrissement de l’éléphant derrière nous. Quand je me retourne enfin, je vois Philippe sortir de la forêt en courant, l’éléphant à ses trousses. Ils disparaissent à nouveau et l’attente nous semble interminable jusqu’à ce que notre guide revienne sain et sauf, seul cette fois. Apparemment, il y avait tout un troupeau d’éléphants à peine plus loin, mais la rencontre avait mal commencé et nous n’avons pas insisté. 

Une fois la décharge d’adrénaline passée, j’ai réalisé combien nous avions été inconscients de nous embarquer là-dedans avec des enfants en bas âge, et NOTRE enfant à naître !! J’ai même un peu honte de vous raconter cet épisode de nos aventures … 

Ceci dit, je préfère grandement que ceci nous soit arrivé avec un guide expérimenté comme Philippe. Car ce genre de rencontre peut arriver n’importe où au Gabon, et dans ces moments là, mieux vaut être avec quelqu’un qui sait garder son calme et réagir comme il faut pour protéger le groupe. 

Le reste de la journée s’est déroulé sans émotion forte. Nous avons vu des buffles, des hippos, des oiseaux magnifiques… Nous avons déjeuné d’une délicieuse tortilla et de mangues fraîches, puis nous avons pu faire la sieste à l’ombre, sur de confortables matelas. Les vacances quoi :o) 

Enamino - Hippopotame 

2ème jour : La rivière MPivié, Ste Anne et Evengué

Nous avions fait un circuit similaire lors de notre premier voyage au Gabon, avec Bertrand et Magali. En pleine saison des pluies, nous n’avions malheureusement pas vu un seul croco sur la rivière, ni même pu profiter du paysage … Voilà qui est chose faite ! Nous avons eu la chance d’avoir beau temps et les yeux de lynx de Philippe et Pierre nous ont permis d’approcher les fameuses bestioles ! Les faux gavials font la sieste sur les branches à la surface de l’eau, mais ils se confondent parfaitement avec le décor…

Enamino - Faux gavial #1

A la mission Ste-Anne, nous avons vu également beaucoup plus de choses que lors de notre premier passage. Philippe a vécu là-bas quand il était petit et il raconte ses souvenirs avec beaucoup de tendresse. Il nous a fait goûter de délicieux fruits dont l’étonnant et rare mangoustan. Nous avons aussi vu la fameuse cathédrale de bambous, construite par les premiers missionnaires pour convertir les populations et les habituer à rentrer dans une église. 

Sainte-Anne - La cathédrale de bambous 

A Evengué sur l’île aux gorilles, pas de surprise. Les guides font le même speech qu’il y a deux ans et Mabéké le gorille à dos argenté a l’air toujours aussi triste. Il nous semble que rien n’a changé en deux ans ; aucun gorille n’a été remis en liberté et le terrain de Mabéké n’a pas été agrandi. L’émerveillement de la rencontre avec les gorilles laisse place au triste sentiment que tout ceci n’est qu’une attraction touristique sans autre but que celui de faire de l’argent. 

Evengué - Mabéké  

Au camp d’Enamino

Après des journées comme celles-ci, le retour au campement au coucher du soleil est un vrai délice. Pour nous doucher, nous avons un seau d’eau brûlante et un seau d’eau froide. On mélange un peu des deux dans un pichet et on laisse couler avec délices sur le corps rompu de fatigue. J’adore !!  

Au dehors, la nuit tombe doucement. J’observe le ciel rosé à travers la lucarne. Bientôt, il faut allumer la lampe à pétrole. Bébé et moi nous reposons sur le lit dans la tente en toile épaisse. Après une journée de 4×4, de pirogue et de marche au grand air, ça fait du bien ! 

Au dîner, du poisson frais, d’énormes huîtres gratinées (sauf pour moi snif !), du velouté de potiron, des frites de fruits de l’arbre à pain, des sucettes d’atangas, du corossol … nous découvrons mille saveurs nouvelles. 

Le soir, nous discutons avec nos hôtes autour d’une tasse de citronelle. Miguel nous montre ses photos splendides, Bégonia nous parle des oiseaux que nous avons rencontrés, Philippe nous décrit avec passion le parc du Loango. 

Nous nous endormons bercés par les vagues, dans la chaleur de la nuit africaine. 

En toute objectivité, je pense que nous aurions mieux apprécié le voyage à Enamino si je n’avais pas été enceinte. Pour pouvoir observer les animaux dans les meilleures conditions possibles, il faut quand même être en bonne condition physique (marcher longtemps dans la forêt humide, courir si besoin …). Même si à 5 mois de grossesse, on est en forme, on ne peut pas raisonnablement tout faire et suivre tout le temps la cadence du guide. C’est un peu frustrant car ce voyage nous a fait découvrir beaucoup de richesses du Gabon et nous a donné l’impression qu’après 3 ans passés ici, nous ne connaissions rien du pays.

Au bout de 2 jours, je n’avais pas du tout envie de repartir ! Peut-être est-ce parce que je savais que c’était notre dernier voyage au Gabon … mais je voulais continuer de goûter à toutes ces saveurs inconnues, d’admirer des couchers de soleil chaque jour différents et d’observer la faune et la flore pour toujours ! Une chose est sûre, nous reviendrons terminer le voyage !

Enamino - La plage 

Les autres photos sont dans l’album Gabon 2010/2011

Anne-Laure et Greg ont également écrit un très bel article sur leurs aventures à Enamino. Ils sont allés jusqu’à Akaka au coeur du parc de Loango. Lisez-les, ça vaut le détour !! 

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7 Comments + Add Comment

  • C’est sûr ce voyage aurait pu se faire plus tôt mais plus tôt vous avez vu autre chose…Et au moins vous quitterez le Gabon en sachant que pouvez y revenir en ayant encore plein de choses à y
    voir. c’est beaucoup mieux que d’être blasé

  • Ca a l’air trop bien 🙂 Vivement qu’on y aille!
    Je note quand même : éviter quand on est enceinte.

  • Ah bon ? Tu nous prépares le 3ème pour bientôt 😉 

  • Superbe récit pour un voyage vraiment magnifique apparemment.

    Le grand Mabéké a l’air triste effectivement, c’est dommage.

    3 ans déjà, qu’est ce que ça passe vite. On te sent un peu triste mais tu auras bientôt une autre grande source de joie et de fatigue…^^

  • Eh oui, ça passe vachement vite 3 ans ! C’est fou tout ce qu’on aura vécu ici ! 

    Non, je ne suis pas triste (mais nostalgique toujours), je pense qu’il est temps de passer à autre chose. On va bientôt écrire une nouvelle page de notre vie 😉 

  • Je te rassure Hélène une semblable aventure éléphantesque nous est arrivée au Kruger park de RSA. Nous avons contourné un bosquet pour voir de plus près deux éléphantes mais derrière le bosquet un
    éléphant mâle est apparu et nous a chargé… nous étions en voiture …on ne peut pas « jouer » avec la nature sauvage, ni avec les éléments naturels… on a eu beaucoup de chance… Ceci dit côté
    souvenir, c’est très fort!
    Merci de tes récits toujours captivants, plein d’émotions, de descriptions de cette belle nature qui vous entoure même si parfois il y a aussi de tristes réalités. C’est vraiment agréable de te
    lire.
    Bises

  • Merci Milou pour tes commentaires qui me font toujours très plaisir ! Ca motive pour continuer à écrire sur ce blog. 

    Bisous

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